Comment les reproches des autres nous en apprend plus sur nous...

Après un article sur les erreurs, un autre sur les reproches... Rien de bien sexy me direz-vous. Et pourtant, nous pouvons en tirer de l'intérêt, pourvu que l'on ait le bon angle de vue, à savoir, celui de la connaissance de soi et non de la reconnaissance des autres.

 

"Connais-toi toi même" disait Socrate. C'est un très bon conseil, mais il ne nous a malheureusement pas clairement dit comment faire. Or, quand on y réfléchit, il n'y a pas 36000 points de vue pour apprendre à mieux se connaitre, mais quatre. On appelle cela la fenêtre de Johari, du nom de son concepteur. Nous avons donc quatre manières de mieux nous connaître, mais une échappe forcément à notre vigilance même si vous êtes le plus fin observateur de vos façon de vous comporter et de ressentir.

 

  1. Le premier carreau de la fenêtre de Johari est appelé "zone publique". Ce sont les choses que les autres et que vous même savez sur vous.
  2. Le deuxième s'appelle la zone cachée. Elle concerne les choses que vous connaissez de vous mais que les autres ignorent.
  3. Le troisième se nomme la zone aveugle. Il s'agit de choses sur vous que vous ne connaissez pas mais que les autres voient.
  4. Et la quatrième, la zone inconnue concerne ce que ni vous ni les autres ne voient sur vous.

Vous l'avez compris, les deux premiers carreaux sont faciles à voir pour vous. Ce sont des éléments de connaissance de soi accessibles que l'on peut travailler seul si on le souhaite. Par contre, les fenêtres trois et quatre sont inaccessibles pour travailler seul sur soi. Ces points pourtant ignorés peuvent vous faire souffrir puisque vous ne pouvez pas les corriger, ne les voyant pas... Vous supportez donc les reproches des autres sans savoir pourquoi et vous êtes pourtant de bonne foi. Donc, si les reproches des autres peuvent vous aider, c'est au niveau du troisième carreau : ce qu'ils savent de vous mais que vous ne voyez pas. Bien sûr, cela marche aussi par rapport aux compliments. Donc, si quelqu'un vous fait un compliment ou un reproche, au lieu de le rejeter par manque de confiance en vous (fausse modestie dans un cas et mauvaise foi pour l'autre), prenez en compte ce que la personne vous dit. Même si le compliment ou le reproche peuvent être exagérés, il y a toujours une part de vérité, surtout si cela vient de proches qui vous aiment.

 

En ce qui concerne le quatrième carreaux, il s'agit d'une zone difficile à connaître seul qui nécessite souvent l'aide d'un coach de vie et dont je vous parlerai dans le prochain article.


Objectifs :

  • Observer les reproches que me font mes proches (ne commencez jamais cet exercice avec vos ennemis ou des gens qui ne vous aiment pas, sinon ce sera trop difficile).
  • Noter sur un papier leurs reproches et les circonstances dans lesquelles ils me les ont fait.
  • Revenir plus tard sur ce que j'aurai écrit pour prendre en compte calmement ce qu'ils m'auront dit en cherchant ce que cela m'apprend sur moi.
  • Décider ce que je fais avec cette nouvelle connaissance : dans quels cas puis-je m'améliorer? Que faire quand je me vois en train d'avoir ce défaut? (à cette étape, grâce au reproche de l'autre, ce qui était dans le troisième carreau passe dans le deuxième et me permet de travailler sur moi si je le souhaite).

Bilan

Cette semaine, l'observation a été facile, non pas que mes proches me fassent des reproches tout le temps mais parce que ce week-end, mon compagnon m'en a fait un sur un comportement que j'ai déjà eu : je me suis énervée contre un objet qui me @!!)=+µ*!!!

Pour ceux qui me lisent déjà, ils apprendront avec humour que c'est encore à cause de mon tancarville que je me suis mise en colère.

 

En fait, je voulais le ranger, seulement il s'est mal plié et s'est transformé en casse tête chinois. Comme en ce moment j'ai des problèmes de santé au dos et au genou en même temps, vous imaginez combien j'ai pesté contre cet objet dont je voulais venir à bout sans encore solliciter l'aide de mon compagnon qui joue les aides-malades depuis presque un mois...

 

Donc, le pliage a été laborieux et long. J'ai même dû m'asseoir sur le canapé à cause de mon genou pour réussir à refermer cet andouille de tancarville. Une fois réussi,  par rage, je l'ai rangé violemment dans le placard. C'est à ce moment précis que mon compagnon m'a reproché de faire trop de bruit et dit qu'il n'aimait pas quand je m'énervais toute seule contre des objets.  Je vous passe l'agrément que ce reproche a eu en moi... En tout cas, le soir, j'ai noté sur un papier cet incident afin de pouvoir revenir plus calmement dessus le lendemain.

 

Ce que j'ai retiré du reproche "faire trop de bruit en m'énervant contre un objet" :

 

Ce reproche m'a permis de voir dans un premier temps que je suis un être humain et qu'il m'arrive de me mettre en colère. C'est un trait de ma personnalité et je me le cachais car je n'aime pas les gens qui se mettent en colère. J'associe cela à de la méchanceté et je le refoule alors que dans certain cas, la colère peut être utile pour s'affirmer. Je dois donc apprendre à ne pas confondre affirmation avec méchanceté.

 

Quant au tancarville, ce n'est en soi pas si grave de s'énerver contre un objet. Cela ne lui fait pas de mal au moins! Mais au fond, j'étais plus énervée contre le fait que mon compagnon continue de pianoter sur l'ordinateur alors que sa copine à moitié éclopée ne s'en sortait pas que contre le tancarville. Plus je montrais d'énervement, plus je croyais que mon compagnon allait se rendre compte que je galérai et qu'il viendrait m'aider de lui-même. Erreur!!! Les autres ne peuvent pas deviner pour nous ce que nous voulons. Il faut communiquer clairement! J'aurai donc dû lui demander de m'aider tout de suite avant de m'énerver. C'est ma peur (très coriace) de déranger l'autre qui m'a guidée à la place. Mais finalement, je l'ai dérangé en criant car il n'aime pas le bruit.

 

 

En résumé, ce reproche m'a permis d'apprendre deux choses sur moi :

  1. Je confonds affirmation de soi et méchanceté
  2. Ma peur de déranger m'empêche de communiquer clairement 

 

Pour m'améliorer, il faudra donc que :

je me repère par rapport à la montée de ma colère. Dès que je pourrai la voir, j'essaierai de prendre du recul et de voir si je ne suis pas en train de m'énerver parce que je n'arrive pas à dire clairement quelque chose à l'autre de peur de le déranger ou de lui faire de la peine.  Il suffira à ce moment là de faire la demande que je n'osai pas faire. Penser aussi que crier est finalement plus désagréable pour l'autre que le fait d'accéder à ma requête m'aidera.

Par contre, si je vois que je m'énerve parce que je suis dans une situation où je dois m'affirmer, je pourrai utiliser ma colère dans un sens constructif.

 

Et dès que je change de logement, j'en choisis un où il y a une buanderie avec des fils fixes pour attacher le linge afin de ne plus jamais souffrir de disputes à cause d'un @!!ù*µ+==à§!!! de tancarville! ;-)

 


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Commentaires: 7
  • #1

    regis03 (vendredi, 04 mars 2016 19:24)

    Pour un article surprenant c'en est un en effet! Mais quand on y prête attention, ce n'est pas si bête, oui. Aujourd'hui, ma compagne m'a reproché de ne pas lui f aire assez de compliments. Au début, ça m'a énervé, mais en repensant à ton article, je me suis rendu compte qu'en effet je ne faisais pas souvent de compliments à mes proches que ce soit les amis ou mon fils. Je pense que j'ai peur de paraitre faible. Du coup, un simple reproche m'a permis de comprendre plus de choses sur moi et cela me permettra d'essayer d'y remédier. Merci encore pour tes précieux conseils. Tu fais un super travail!
    Regis

  • #2

    Elisa (lundi, 07 mars 2016 15:51)

    Un bon article qui nous permet de voir en positif ce qui est perçu comme négatif. Pas mal...

  • #3

    Elodie (auteur du blog) (mardi, 08 mars 2016 11:21)

    Merci à vous deux pour vos messages! Je suis contente pour toi régis03 que tu aies pu comprendre que faire des compliments aux autres ne relève aucunement de la faiblesse. Merci pour ton partage d'expérience, cela est précieux et permet d'avoir d'autres exemples.
    Contente aussi pour toi Elisa que tu aies aimé l'article. J'espère que tu pourras en retirer une meilleur connaissance de toi même.

  • #4

    yeoaun (mardi, 08 mars 2016 17:38)

    J'attendais le bilan avec impatience et j'avoue que tes histoires de tancarville me font bien rire. Tu devrais presque écrire un article intitulé "pour progresser, achetez vous un tancarville"! ;)
    Sinon, je trouve personnellement que faire les exercices n'est pas toujours facile. On voit que tu as l'habitude de t'observer. Je n'arrive pas à déduire tant de choses sur les reproches que l'ont me fait. Par exemple, on m'a reproché hier de parler trop fort et je ne vois pas vraiment ce que je peux en retirer... Pourrais tu m'aider?

  • #5

    ariane-li (mardi, 08 mars 2016 18:23)

    Je lis tes articles depuis quelques semaines et je voulais t'écrire ce petit mot pour t'encourager. Tout est précis, bien expliqué et concret. Merci de nous donner toutes ces infos sans nous bombarder de trucs à acheter... C'est un plaisir de te lire chaque semaine :)

  • #6

    Jessfille (mercredi, 09 mars 2016 10:56)

    Bonjour, merci pour ton bilan. Je t'écris ce commentaire pour te demander ton avis sur un reproche que l'on me fait souvent : de ne pas prendre d'initiatives. Cela m'arrive surtout quand je suis invitée chez des gens et que je n'ose pas désservir la table ou aider en arrivant. Cela me met mal à l'aise et j n'arrive pas à voir ce que ce reproche peut m'apprendre sur moi. Merci de ta réponse.
    Jessica

  • #7

    Elodie (auteur du blog) (jeudi, 10 mars 2016 09:53)

    Merci ariane-li pour tes encouragements, cela me fait bien plaisir :)

    En ce qui concerne ta question yeoaun, le simple fait de prendre en compte que les autres trouvent que tu parles trop fort te permet déjà de connaître cette facette de toi. En avais tu conscience avant? Pas forcément. Le reproche t'a donc permis de mieux te connaître, tout simplement ;)

    Après, avec de l'observation, c'est vrai que j'arrive à aller plus loin que la seule prise de conscience d'une facette de ma personnalité mais tu peux aussi le découvrir en te posant ces questions :
    -Pourquoi, à ce moment là, as tu parlé fort?
    -Que ressentais tu au moment où tu as décidé de parler plus fort?
    Ainsi, peut être découvriras tu que tu n'as pas seulement une voix forte mais que tu te sentais peut être mis à l'écart, que peut être tu croyais qu'on ne t'entendait pas, que tu avais peur qu'on ne s'intéresse pas à toi, que tu penses qu'il faut s'imposer pour exister... Seul toi pourra y répondre en reprenant les questions ci dessus.

    J'espère avoir pu t'aider mais sache déjà accepter cette partie de toi qui parle fort et remercier les autres de t'en avoir fait prendre conscience. Je sais, ce n'est pas facile, mais c'est ce que j'essaie de faire moi aussi et je t'assure que cela fonctionne, en tout cas pour moi. Il n'y a pas de raison que ce ne soit pas pareil pour toi.
    A bientôt!