Comment moins se disputer en couple en trois étapes rapides?

Aimeriez-vous en finir avec les disputes? Être capable de réagir de manière appropriée avant que la colère ne vous empêche de vous faire comprendre par l'autre ? Imaginez le plaisir que cela doit être de pouvoir réduire les disputes dans votre couple ou avec vos proches.

 

Bien sûr, il s'avère toujours difficile de ne jamais entrer en confrontation. Même lorsque l'on veut l'éviter, on a l'impression que rien ne peut nous empêcher de nous

disputer.  De plus, la tendance des psychologues actuels à dire que les disputes sont inhérentes aux couples et que cela est normal, voire sain, ne nous aide pas à nous remettre en cause. Ne pas se disputer causerait des non-dits et irrémédiablement, des désaccords, ce qui ne facilite pas les efforts de chacun pour les gérer au mieux.

 

Je suis à la fois pour et contre cette façon de voir les choses. En effet, il serait tout aussi malsain de tomber dans la justification de nos actes agressifs que de vivre dans un monde merveilleux où il n'y aurait aucun problème. Si heureusement la plupart de nos disputes se terminent par une harmonisation des points de vue, la violence de celles-ci peuvent également abîmer la relation et nous pousser à éviter le conflit, et donc, à ne plus communiquer sur ce qui ne va pas.  

Or, l'enjeu est justement là : nous arrêterons de nous disputer quand nous arriverons à communiquer sur quelque chose qui ne va pas pour que l'autre nous apporte ce dont nous avons besoin.

Cela va du besoin le plus basique au plus complexe comme, baisser la lunette des toilettes, ranger l'éponge à tel endroit, ramasser les miettes sur la table ou se sentir écouté, soutenu, aimé, valorisé...

 

Nous nous disputons donc quand un besoin n'est pas rempli, nous pensant lésé alors que l'autre ne peut pas deviner ce qui ne va pas si l'on ne le lui communique pas clairement. Il va au contraire réagir et se défendre.  Le problème, c'est que ces oublis de l'autre nous énervent parce que nous pensons qu'il ou elle ne nous aime pas, ne faisant pas attention à ce dont nous avons besoin. Nous nous énervons donc, faisant un reproche que nous pensons justifié à l'autre qui ne demandait rien. Mais avouez qu'en criant et en nous énervant, cela ne va pas donner envie à l'autre d'accéder à notre requête et encore moins de comprendre que vous vivez une injustice causée par lui. Cela ne marchait que quand nous étions de petits bébés, criant, faute de savoir parler. Ce qui n'est plus notre cas!

L'outil de cette semaine aura donc pour but de nous aider à communiquer clairement et calmement à l'autre ce qui ne va pas, de manière à éviter les non-dits en même temps que les disputes. Cette technique s'appelle la communication non violente et se décline en trois étapes :

  1. Dire à l'autre ce que l'on a constaté qui ne nous a pas plu de manière neutre et avec des preuves.
  2. Lui confier ce que cela nous fait en terme d'émotions, de sentiments.
  3. Lui demander ce qu'il en pense afin d'harmoniser nos points de vue.

Je vous donne quelques exemples :

-Si votre mari ne baisse jamais la lunette des toilettes :

  1. Cela fait plusieurs jours que tu ne baisses pas la lunette des toilettes alors que je te l'avais demandé.
  2. Cela me fait de la peine parce que j'ai l'impression que ce que je dis n'a pas d'importance pour toi. Je trouve que cela est plus hygiénique de faire comme ça et cela est important pour moi. 
  3. Qu'en penses tu?

-Si votre femme vous embête à vouloir que bous baissiez la lunette des toilettes :

  1. Je remarque que tu hausses de plus en plus la voix et me répète sans arrêt que je dois baisser la lunette des toilettes.
  2. Cela me fait de la peine parce que j'ai l'impression que dès que je l'oublie, tu es derrière moi pour me faire un reproche alors que je ne le fais pas volontairement.
  3. Que suggères tu?

Sur le coup, je l'avoue, ces deux exemples peuvent paraître drôles, mais imaginez que vous enleviez le numéro 2 de chaque situation. Cela réduirait la discussion à un reproche déguisé. La deuxième étape est très importante car elle appelle à la compassion de l'autre et en même temps lui fait comprendre pourquoi l'autre est agressif. Cela change tout de savoir que votre femme vous embête avec la lunette, non pas vraiment pour celle-ci en particulier mais, parce qu'elle a l'impression que vous ne l'écoutez pas.  Il s'agit d'un problème beaucoup plus profond et il est ensuite facile de la rassurer en lui disant que vous ne le faites pas exprès et que vous allez faire des efforts pour l'écouter.  De même, votre femme sera beaucoup plus sensible au fait que vous lui disiez que vous vous sentez agressé et incompris lorsqu'elle vous fait ce reproche plutôt que de lui dire qu'elle est "casse couille" (désolée pour l'expression).


Objectif de la semaine :

 

Lorsque quelque chose chez l'autre vous énervera, utilisez la communication non violente en suivant ces trois étapes :

  1. Dire à l'autre ce que l'on a constaté qui ne nous a pas plu de manière neutre et avec des preuves.
  2. Lui confier ce que cela nous fait en terme d'émotions, de sentiments.
  3. Lui demander ce qu'il en pense afin d'harmoniser nos points de vue.

Entraînez vous ainsi et revenez nous dire sur le blog  si cela vous a permis d'éviter les disputes, ce que je ne manquerai pas de faire de mon coté.

Ensemble, faisons avancer la recherche dans le développement personnel!


Bilan

Je suis un peu embêtée pour cette semaine parce qu'en fait, je ne me suis pas disputée avec mon compagnon ni avec qui que ce soit! Pourtant j'avais bien choisi ma semaine : j'avais mes règles (ce qui me met d'habitude d'humeur joyeuse!), j'ai invité ma belle-mère à déjeuner (cuisiner est censé me stresser, surtout pour quelqu'un qui a de l'expérience dans le domaine) et j'ai même eu une conversation assez sérieuse avec mon compagnon, qui aurait pu nous emmener dans une belle dispute mais qui s'est finalement déroulée de manière bienveillante.

 

Cela m'ennuie car vous allez vous imaginer que je ne me dispute jamais et que je vis dans un monde parfait, ce qui n'est pas le cas! Ce que je vous propose donc pour le moment, c'est de reporter ce bilan à une autre fois, puisque les sujets de dispute finiront malheureusement bien par arriver! En fait, je crois que ma technique pour gérer ma susceptibilité marche trop bien... Et tant mieux! Si vous ne l'avez pas encore lu, voici le lien :

L'avantage, c'est que vous pouvez vous rendre compte que les bilans ne sont pas truqués et s'appuient réellement sur des expériences personnelles...

 

Je peux quand même vous donner quelques éléments que vous devez prendre en compte afin de ne pas vous décourager et dont je me souviens quand j'avais testé cette technique au tout début de mes études de coaching :

 

-Cette technique n'est pas naturelle. Cela fait bizarre au début de parler comme ça. On a l'impression d'avoir l'air bête en casant ces trois phrases inhabituelles. Il faut donc beaucoup pratiquer.

-Il faut l'utiliser au tout début de la conversation. Si vous tentez la CNV (communication non violente) en plein milieu d'une dispute, cela est beaucoup plus difficile d'avoir des résultats.

-Cela peut être plus difficile à mettre en place selon les personnes, voire ne pas marcher. Si vous vous retrouvez en face de quelqu'un de mauvaise foi, tout ce que vous tenterez risque d'échouer. Mais cela n'est pas dû à vous. Dans le doute, essayez quand même!

En attendant un bilan plus complet, j'ai trouvé intéressant de vous mettre le témoignage en vidéo de cette maman qui s'est approprié la CNV avec ses enfants (et oui, cela marche avec eux aussi!). Il s'agit d'une maman handicapée qui fait part de la manière dont elle gère son quotidien avec ses enfants et que la CNV a aidée. Elle vous livre aussi des sources intéressantes que je vous encourage à regarder si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, notamment les vidéos de Marshall Rosenberg.

Comme d'habitude, si jamais vous avez une expérience personnelle avec cet outil ou que vous l'avez testé cette semaine, n'hésitez pas à en parler, qu'elle soit bonne ou mauvaise, dans les commentaires.

N'oubliez pas non plus que si vous avez des questions ou des remarques, cela se passe également dans les commentaires, j'y répondrai avec plaisir!

Ensemble, faisons avancer la recherche dans le développement personnel!


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Commentaires: 4
  • #1

    sophie (vendredi, 07 octobre 2016 10:37)

    Bonjour, Elodie!

    Voilà, malgré les exercices mis en place sur la confiance en soi, je continue de temps à autre, même si c'est moins régulier qu'avant, à avoir de micro crises de panique quand les gens me regardent... Comment faire pour arriver à endiguer totalement le processus de "ces gros coups de stress"? Merci.
    NB: une petite suggestion d'idée sur l'estime de soi, sur le détachement du regard des autres (attitudes à adopter) pour le blog. A bientôt.

  • #2

    Elodie (auteur du blog) (vendredi, 07 octobre 2016 17:29)

    Je vais réfléchir sur le sujet pour te proposer quelque chose qui puisse t'aider. Je crois que tu avais déjà essayé la technique de l'enfant intérieur? Si cela n'a pas marché chez toi, il faudra que je te propose autre chose.
    Je ferai mon prochain article sur ta question. Par contre, comme je ne suis pas sujette aux petites crises de panique par rapport au regard des autres, je ne pourrai pas tester l'outil que je proposerai. Voudrais tu bien le faire? Je m'appuierai sur tes remarques pour écrire le bilan. A toi de me dire. A bientôt!

  • #3

    Fifi (vendredi, 07 octobre 2016 18:41)

    Très intéressant ton article; l'explication de l'attitude à adopter sert à mieux comprendre le fonctionnement psychologique
    du couple. Je ne connaissais pas ce mode des trois étapes d'expression à l'autre et je trouve que c'est bien pour harmoniser la relation de couple! Ce sont de bons tuyaux!

  • #4

    sophie (vendredi, 07 octobre 2016 18:47)

    Aucun problème! Je testerai tes outils et te donnerai mes remarques.
    Merci et à bientôt!