Pourquoi cesser les critiques peut changer votre vie?

N'avez vous jamais rêvé d'un monde dans lequel personne ne vous critiquait? Vivre et vous déplacer partout où vous le souhaitez sans avoir la désagréable sensation que les autres pouvaient vous juger? Un monde sans calomnie ne serait il pas tellement plus confortable ?

 

Oui, mais cela dit, comment ne pas hurler au scandale devant les comportements de certaines personnes? Ne pas critiquer est une

 

chose, laisser faire n'importe quoi aux autres en est une autre. Comment cautionner que quelqu'un s'adresse mal à un serveur? Ce ne serait pas notre genre! Comment ne pas ne pas remettre en cause l'hypocrisie d'une amie? On ne va pas se laisser faire tout  de même!

 

Ce monde étant dans le jugement permanent et faisant des choses bien pire que nous, pourquoi devrions-nous commencer à être moins critiques? Cependant, même si elle semble justifiée,  est elle intéressante et peut elle contribuer à notre bonheur?

J'entends déjà certains me dire que la critique peut être constructive, et je les rejoins. Ceci étant, toutes les critiques le sont elles? Pour en être sûrs,  voici deux questions à se poser :

  • Vais-je critiquer cette personne en prenant à cœur de lui en faire part afin qu'elle s'améliore ou ait conscience que quelque chose ne vas pas?
  • Ou vais-je simplement la critiquer en moi même ou devant les autres sans jamais en parler à la personne concernée?

Ces questions, anodines en soi, sont assez révélatrices de votre état d'esprit, ce qui aura, nous le verrons, des répercussions sur votre bien être.

Dans le premier cas, vous êtes dans un élan d'amour envers la personne. D'ailleurs, c'est en général les véritables amis qui peuvent se permettre de telles réflexions : vous devez dire une chose désagréable à quelqu'un pour qu'il s'améliore (et encore, cela est selon votre point de vue). Vous le faites donc pour son bien être, par bonté.

Alors que dans le deuxième cas, vous émettez une critique afin de vous rassurer sur vos propres façons d'agir. Par exemple, vous pourriez dire : "T'as vu la mini jupe qu'elle porte? Quelle vulgarité!" ou "Faire un gratin de pomme de terre, quelle idée peu originale pour un repas de famille!" ou "Quel hypocrite celui là,  me dire du mal de sa femme devant moi alors que l'on n'est pas si proche que ça" etc. Le point commun entre toutes ces critiques c'est de pouvoir vous rassurer intérieurement et bien inconsciemment en vous disant "moi je ne ferais jamais ça!" 

Ainsi, vous n'êtes pas dans la compassion et l'attention à l'autre mais dans le manque de confiance en vous, puisque voir et mettre en exergue des défauts que vous n'avez pas ou pensez ne pas avoir vous conforte dans le fait que vous êtes une bonne personne. Mais le revers de la médaille auquel nous ne pensons pas, c'est que plus nous critiquons les autres, plus cela montre que nous sommes sensibles à ce qu'ils pensent de nous. C'est un peu comme une drogue qui nous fait du bien sur le coup mais que l'on doit continuer à consommer pour continuer à profiter de ses effets. Le mieux être ainsi créé est rapide mais inefficace sur le long terme et peu profond.

 

Comprenez cependant que ce n'est pas un mécanisme malsain au départ, c'est en fait  votre ego qui souhaite vous protéger contre les blessures de la vie. Le but n'est donc pas de vous auto-flageller si vous êtes enclin aux critiques (qui ne l'est pas après tout?) mais d'essayer d'inverser la tendance en perdant l'habitude de critiquer à la fois les autres mais aussi soi-même. Seules les critiques constructives sont de mise. Mais au début, mieux vaut toutes les éviter car cela s'avère être beaucoup plus simple que de se demander si telle remarque est bonne ou non. C'est un peu comme quand on apprend l'accord des participes passés. On s'habitue d'abord à ne pas les accorder quant il y a l'auxiliaire "avoir" et on s'occupe des exceptions plus tard (vous savez le fameux COD placé devant... ;-)

L'intérêt principal de vous retenir de critiquer sera donc de booster votre confiance en vous. Même si cela paraît curieux au premier abord, comprenez que c'est une méthode qui vous permettra de moins faire attention aux défauts, d'être donc moins dans le jugement et au contraire dans l'acceptation. Et qui dit acceptation dit amour de soi et des autres. Je vous renvoie à cet égard à un de mes articles sur l'acceptation qui explique en quoi elle permet d'avoir confiance en soi :


Objectif de la semaine :

 

-Au moment où vous vous voyez en train de critiquer quelqu'un, essayer de vous arrêter de le faire et voyez ce que cela vous apportait comme réconfort (il s'agit du fameux "moi je ne ferais jamais ça parce que je suis plus x)

Exemple : il n'arrête pas de parler et de prendre toute la place. Ne voit il pas les autres?

Réconfort : moi  je ne ferais jamais ça car je suis plus discret et attentif aux besoins des autres.

-Comptez le nombre de fois où vous le faites dans la journée et essayez, au fur et à mesure de la semaine, de diminuer ces critiques. Puis, voyez si cela vous permet de vous sentir mieux ou non. 

 

Idée en plus venant d'une testeuse du blog (voir bilan n°2) :

Remplacer chaque critique que l'on vient de faire ou que l'on s'apprête à faire par une remarque positive.

Exemple : "quel manque de politesse de ne pas me laisser de place pour avancer sur le trottoir, je suis obligé de marcher sur la route! (Moi, je me serais décalé car je suis quelqu'un qui fait attention aux autres!)" Ajoutez à cela "oui mais en même temps, il n'y avait pas de voitures sur la route et ces gens ont l'air sympathiques et je leur colle gratuitement une étiquette"

 

A vos tests et à bientôt pour le bilan! J'en profite pour vous dire que vous pouvez via ce blog obtenir un coaching gratuit. Toutes les infos sont disponibles ci-dessous :


Bilan

J'ai décidé d'écrire sur ce sujet un jour où mon compagnon m'a fait prendre conscience que je n'avais remarqué qu'un détail négatif vis à vis d'une personne de sa famille avec laquelle je suis mal à l'aise. J'étais remontée et lui disais "tu te rends compte comme elle manque de politesse! Elle n'a pas touché à mes biscuits faits maison que je lui avais présentés et elle a dit oui à un croissant industriel que tu lui a proposé après coup voyant qu'elle ne mangeait pas!" Et si vous avez bien lu le début de l'article, on pourrait rajouter en sous entendu à ce discours "moi je ne ferai jamais ça. Même si je n'aime pas ce que l'on me présente, j'en prends par politesse, pour ne pas faire de peine à l'autre parce que moi, je suis sensible aux sentiments des autres".

Bien sûr, mon ego aurait aimé que mon compagnon aille dans ce sens et me dise "oui tu as raison, elle a manqué de tact et de savoir vivre". Mais au lieu de cela, il n'a pas relevé et a trouvé que j'exagérai. Qui d'ailleurs n'a jamais vécu cette triste "injustice" quand l'autre ou les autres ne vont pas dans notre sens? Et pourtant, même si cela nous agace au plus haut point, il ne faut pas mettre de coté leurs remarques, aussi pénibles soient elles. J'en parle plus en détail dans cet article :

Donc, au lieu de m'entretenir dans mes croyances, il m'a dit une phrase qui ressemblait à celle-ci : "pour une fois que ça se passe bien, il faut que tu pointes le seul détail qui a cloché! D'ailleurs, je ne m'en étais même pas rendu compte. Elle a le droit de ne pas aimer tes biscuits après tout."

ça m'a sciée. C'était tellement vrai et tellement dur à avaler en même temps!

On ne s'en rend pas compte, mais on a parfois la critique facile envers certaines personnes. Et notre ego nous pousse à croire que cela n'est que justice puisque celles ci n'ont pas non plus leurs langues dans leurs poches. Mais quelle escalade d'animosité. La bonne nouvelle, c'est que l'amour est aussi contagieux que la haine!

 

Alors cette semaine, forte de l'objectif à mettre en place, j'ai fait attention aux critiques que je faisais et je me suis rendue compte qu'elles étaient beaucoup plus nombreuses que ce que je pensais et envers des personnes que j'aime, ce qui est horrible quand on y pense. Par exemple, mon compagnon pose une cuillère pleine d'huile sur le plan de travail ou met de l'eau partout en sortant de la salle de bain, il en prend pour son grade. Une amie coupe et met des fleurs dans un vase à ma place, je ne suis pas contente. Des tas de broutilles comme cela. Finalement, je ne faisais que remarquer le négatif et m'entretenais dans la colère au lieu d'être dans la joie. A cet égard, je vous invite à lire cet autre article qui explique pourquoi il est important d'entretenir le sentiment de joie :

Les deux/ trois premiers jours de la semaine ont donc plutôt été des constats de ce type me permettant de prendre conscience du réconfort que cela m'apportait de critiquer les autres avec le fameux "Moi je ne ferais jamais ça parce que je suis plus ceci ou cela". Je précise d'ailleurs que ce stade est souvent difficile à cause de la culpabilité que l'on ressent à se voir dire du mal d'autrui. Il est donc important d'accepter avec humilité et surtout bienveillance ce fait pour pouvoir poursuivre. Personnellement, cela a été difficile pour moi parce que je pense être quelqu'un de bon et mettre en exergue ce coté n'a pas été très agréable. Mais il faut garder à l'esprit que c'est justement pour devenir meilleur qu'il faut voir ses défauts.

Ainsi, à partir du quatrième ou même cinquième jour de la semaine, j'ai réussi, avec pas mal de volonté, à arrêter de critiquer les autres juste avant ou pendant la critique (que ce soit ouvertement ou non). Et la chose qui m'a le plus aidée, c'est de repenser à l'article précédent sur la joie en me demandant : "Est ce que je veux vivre dans la colère ou dans la joie? Est ce que ce que je m'apprête à dire est vraiment important ou n'est ce qu'un détail?" Non, j'avais envie de rester dans la joie! Et cela souvent se décide avant de devenir une saine habitude.

Autre astuce qui m'a bien aidée, faire le contraire de la critique, tout simplement! Au moment où je m'apprêtais à faire une remarque désobligeante, je la remplaçais par un compliment ou par une atténuation. Par exemple, quand mon compagnon laissait d'autres cuillères trainer sur le plan de travail, je pensais "c'est bien, il m'a aidée à la cuisine" au lieu de "quel boulet, c'est pas possible d'en foutre partout comme ça!" ou quand une amie mettait les fleurs que l'on m'avait offertes dans un vase à ma place, au lieu de dire "elle se gêne pas celle-là, elle n'a qu'à dire tout de suite que je ne gère pas bien les choses et qu'elle est obligée d'intervenir, j'allais le faire bon sang!" je l'ai remplacé par "qu'elle est sympa cette amie de m'aider à mettre les fleurs dans un vase pendant que je cuisine, ça me fait gagner du temps" ou quand mon compagnon met de l'eau dans la salle de bain, au lieu de pester et disant "ben voilà, il y en a encore partout! Il ne pense pas à moi qui déteste avoir les pieds sur une serviette mouillé quand je sors de la douche" je l'ai remplacé par "après tout, il n'a pas mis d'eau par terre mais seulement sur la serviette qui sert à ça".

Si vous faites cet exercice, vous vous rendrez donc compte que la plupart de nos critiques sont basiques, c'est à dire pas très méchantes au fond et s'appuyant sur des détails. Nous n'avons pas à faire nos justiciers pour des détails! En tous cas, c'est ce que j'en ai retiré.

Et la bonne nouvelle au bout d'une semaine d'entrainement, c'est que le fait de changer des détails critiques contre des compliments, dits à haute voix ou pensés, amène beaucoup plus de bien être qu'on le pense. Cela a vraiment changé ma semaine! J'étais plus zen, plus heureuse. Je vous invite donc à profiter de cet outil afin de faire vous aussi votre propre jugement! N'hésitez pas d'ailleurs à venir témoigner dans les commentaires!

 

A bientôt pour faire avancer la recherche dans le développement personnel!


Bilan n°2

Merci beaucoup à ElodieM d'avoir partagé son bilan avec nous concernant le bienfait d'arrêter les critiques. Je vous laisse son texte, en espérant que cela pourra vous éclairer  et vous motiver encore davantage :

 

 

"Même si j'ai un bon fond, je me surprends depuis quelques années à critiquer en ayant voulu suivre mon entourage, je n'ai donc plus cette tolérance d'antan. Je remarque donc depuis quelques années un mal-être et mon attitude est devenue de plus en plus négative. Depuis un an, je compte me sortir de tout ça, j'aimerais retrouver mon tempérament positif, optimiste et tolérant, qui me rendait bien plus heureuse!
Je me suis donc rendue compte cette semaine de la fréquence de mes critiques, et pire encore, de la fréquence des critiques de mon conjoint... Cela ne fait pas de bien... Il est vrai qu'à chaque critique, le sous-entendu est : "Moi je ne suis pas comme ça" ou "Moi, je ne ferai jamais ça", comme si le fait de critiquer l'autre nous faisait du bien à nous, en nous montrant et en montrant à l'autre à quel point nous sommes irréprochables, il s'agit donc en effet d'un moyen de nous mettre en valeur en dénigrant les autres. Aussi, j'ai remarqué chez une amie qu'elle critiquait chez les autres ce qu'elle faisait elle-même! (Je le lui ai même fait remarquer à un moment!) Pourquoi donc cette critique de sa part?? En tout cas, il est indéniable que, même si la critique nous rassure sur nos capacités ou notre manière d'être, à la longue, cette attitude est dévastatrice et destructrice... Plus l'on critique, plus l'on est malheureux je trouve... On prend très vite cette habitude, au début, lorsque nous n'avons pas l'habitude de critiquer, on se plaît à le faire car on se trouve un peu moins "niais", plus affirmatif, et on croit qu'on gagne alors en confiance en soi, mais on le croit, simplement, il n'en est rien... Au fil des années, on s'aperçoit qu'on est devenu aigri et que tout dans la société ou le monde, peut être sujet à la critique, et une critique stérile, qui ne fait en rien évoluer ou améliorer les choses (c'est souvent le cas lorsqu'on a la critique facile)... Nos pensées deviennent négatives, nos émotions aussi, et il faut alors prendre garde à ce que nos actes ne le deviennent pas également!! Cette mauvaise habitude négative se prend vite, mais la perdre prend énormément de temps. Il ne faut pas sous estimer le pouvoir des pensées négatives, qui peuvent détruire une vie! Aussi, je trouve l'idée de contrebalancer la critique par une remarque positive très efficace : je m'apprête à critiquer ou je le fais, mais à la fin, je rajoute "Oui, mais..." (je me joue un dialogue intérieur, une voix est critique, l'autre est positive), jusqu'à ce que le voix négative et critique cesse peu à peu de se manifester! Au fil de la semaine, je prenais de plus en plus conscience de ces critiques et me disais, lorsqu'elles survenaient à mon esprit, "Non, ce n'est pas la peine de nourrir et d'alimenter cette pensée négative" et je la laissais filer. Ainsi, pas de conversation négative avec mon conjoint, qui nous aurait zappé le moral! Pour rien! Du coup, je ressentais une sérénité nouvelle, une harmonie avec qui j'étais, je me reconnaissais dans mon tempérament d'avant, un peu comme si j'étais redevenue moi-même! Et lorsque mon conjoint critiquait pour rien, je lui disais : "Tu critiques, arrête!" au lieu d'alimenter son propos, comme avant!
Bref, un bon bilan! Efforts à poursuivre! ça en vaut vraiment la peine!"

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Commentaires: 3
  • #1

    Ambre (lundi, 21 août 2017 14:03)

    Bonjour Élodie ! Je me suis rendue compte qu'au fil des années, je passais mon temps à critiquer, en suivant mon entourage... Malheureusement, ces habitudes destructrices se prennent très vite et il est ensuite beaucoup plus difficile de cesser... Eh bien, je ne me suis jamais sentie aussi mal à l'aise, dans le mal être, que depuis que je critique sans cesse les situations, les personnes... Bref, des choses que je ne peux changer. Des ruminations... Avant, j'étais très tolérante, me sentais confiante, epanouie, heureuse et je ne critiquais jamais, ou presque! Je veux donc bien croire que le fait de critiquer sans cesse témoigne d'un manque de confiance en soi.

  • #2

    Ambre (lundi, 21 août 2017 14:10)

    Et cette attitude renforcé notre mal être... Je me rends compte que depuis que je critique moins, je me sens mieux, plus en accord avec moi même et cela m'évite d'entretenir des ruminations sur des choses que je ne peux changer ! Je n'alimente plus mes pensées négatives, et ne formule plus mes pensées s'il s'agit de critiques, ce qui m'évite des conversations déprimantes ou révoltantes! Attention donc à ne pas suivre l'entourage !! C'est dangereux, ça peut créer beaucoup de dégâts au niveau du mental, ça arrive tout doucement, sans qu'on s'en rende trop compte et un jour, on se rend compte qu'on est devenu une toute autre personne, personne que nous n'aimons plus, il faut alors une sacrée volonté pour amorcer le changement qui sera, lui, positif! Et beaucoup de temps ! Mais il le faut, il en va de notre bien être et de notre capacité à redevenir heureux! On ne peut être heureux en critiquant les autres!

  • #3

    Elodie (auteur du blog) (mardi, 22 août 2017 14:13)

    Bonjour Ambre et merci pour ce beau témoignage!
    Tu as raison, la critique s'installe peu à peu sans qu'on ne s'en rende compte et produit des ruminations qui n'ont aucun intérêt. Au contraire même, on est emprunt de négativité.
    Il faut beaucoup de volonté comme tu le dis mais cela en vaut la peine!
    A bientôt