Comment calmer sa susceptibilité en 10 secondes?

Cette question, je me la suis longuement posée cette semaine et je peux vous dire que les recherches que j'ai faites pour cet article ont été plus qu'impliquées! Vous le savez, en ce moment, j'enchaine les problèmes de santé et dame nature ayant jugé bon de faire venir mes règles en même temps, ma patience en a pris un coup. En même temps, je pense malheureusement ne pas être la seule à devenir plus susceptible quand mes règles arrivent... Cela pourra donc servir à d'autres que je partage les petits trucs que j'ai trouvé.

 

Bien sûr, on nous tartine de conseils par rapport à l'acceptation de soi, et moi aussi je l'ai fait dans un de mes articles car il est certain que c'est LA solution qui permet d'agir sur la cause de la susceptibilité. Mais que faire quand on sent la moutarde monter??? Que faire en attendant de régler la fameuse cause?   

Que vous soyez timides et que votre manque d'estime de vous même soit insuffisante et vous fasse remarquer la moindre critique défavorable ; que vous ayez une trop haute estime de vous-même et pensiez avoir droit à un traitement de faveur de la part des autres et ne supportiez pas d'être rabaissés ou que vous soyez hypersensibles et ressentiez trop intensément la moindre remarque, le résultat est le même : vous vous offusquez, vous vous énervez puis vous souffrez de l'avoir fait.

 

Le but ne sera pas forcément de savoir si vous avez tort ou raison puisque c'est la recherche de justification qui amplifie la susceptibilité, or notre but est de l'atténuer. En général, on a du mal à le faire car on développe une capacité d'analyse très aiguë de tout ce qui se rapprocherait d'une critique, en gros on reste sur nos garde et il arrive souvent que l'on donne une interprétation négative à ce que l'on a observé. Le problème c'est qu'il arrive souvent que ces signaux que vous avez remarqués soient neutres ou très peu négatifs. Quand on est susceptible, on a tendance à tout amplifier pour se protéger de ce que l'on pense être une attaque personnelle. Pour ces deux faits, je vous renvoie à trois notions déjà vues que vous pouvez revoir : celle bien sûr d'acceptation de la situation une fois que vous vous êtes énervés (car la culpabilité ne fait qu'amplifier la susceptibilité) et deux accords toltèques, à savoir, ne rien prendre personnellement et ne pas faire de suppositions. 

 

Mais que faire dans l'urgence pour éviter de se mettre en colère et de faire du mal à ceux que l'on aime? Vous avez le choix entre trois stratégies sur lesquelles portera le test de cette semaine :

  1. Dès que vous sentez la colère monter, inspirez profondément en comptant jusqu'à dix. Certains chercheurs attestent que les effets neurologiques de la colère ne durent en effet que dix secondes. Si votre colère se poursuit, c'est que vous n'avez pas joué le jeu et que vous continuez à l'alimenter en voulant vous justifier, faire comprendre à l'autre combien il vous a blessé, bla bla bla... stop!!! Arrêtez de cogiter, inspirez, comptez jusqu'à dix et c'est reparti!
  2. Sortez de la pièce et éloignez vous de la personne qui vous énerve. Cela est bien sûr moins discret mais il n'est pas interdit de prévenir vos proches en amont que vous essayez d'être moins susceptibles et que vous faites cela pour ne pas leur crier dessus. Croyez-moi, ils risquent d'apprécier et de jouer le jeu. 
  3. Si cela ne suffit pas, vous pouvez aussi, une fois que vous vous êtes éclipsés, évacuer votre colère de diverses manières au choix ou à cumuler : crier, taper un oreiller, lancer un objet (non cassant!) contre le mur ou par terre, aller marcher, faire des pompes... Tout ce qui peut vous permettre de faire sortir votre sentiment de rage.

Ça, c'était pour gérer les urgences, mais si vous souhaitez régler la cause durablement, il est très utile d'avoir un carnet pour revenir quelques heures plus tard ou le soir avant de vous coucher sur ce qui s'est passé. Il y a deux choses importantes à faire (et surtout, faites les seul et non avec la personne avec qui vous vous êtes disputé) :

  1. Vous questionnez sur ce qui vous a énervé, blessé. Vous demandez si votre réaction était disproportionnée et vous demander pourquoi cela a été le cas. De quoi avez-vous eu peur? Que croyez vous que l'autre pense de vous et qui vous a fait mal? Grâce à ces réponses, vous pourrez mettre en place la notion d'acceptation (voir l'article "cinq clés pour mieux s'accepter).
  2. Exprimez vos émotions, notez ce que vous avez ressenti et ce que vous auriez reproché à l'autre. En gros, c'est le moment de vous lâcher! Certains aiment bruler la feuille où ils ont écrit leur émotions de manière à s'en sentir débarrassés.

Si jamais vous sentez que vous avez encore un peu de colère en vous après ces étapes, vous pouvez faire cet exercice de sophrologie pour relâcher les dernières tensions : inspirez profondément par le nez, retenez votre souffle pendant quelques secondes puis soufflez fortement par la bouche en imaginant que vos tensions s'échappent de votre corps en même temps. Faites-le cinq fois de suite.


Objectif de la semaine :

 

Suivre à la lettre les étapes ci-dessus :

-Quand je sentirai la susceptibilité ou la colère monter, j'inspirerai et je compterai jusqu'à dix.

-Si cela ne suffit pas, je sortirai de la pièce et/ou taperai dans mon oreiller. Je ferai attention à prévenir mon compagnon de ma décision d'apprendre à atténuer ma susceptibilité de cette manière.

 

Chaque soir, je ferai un feed-back de la situation dans un carnet puis j'exprimerai mes émotions et mon ressenti face à la situation qui m'a mise en colère sur un papier libre. Je le froisserai et le jetterai ensuite violemment dans la poubelle (je préfère cela à brûler la feuille, chacun son style!).

 

Au cas où, je n'hésiterai pas à faire un exercice de sophrologie pour me détendre tout à fait. J'ai déjà constaté que ça faisait énormément de bien à ma séance d'hier soir alors que j'étais très énervée toute la journée. Mais attention, ça ne marche pas sur le coup de la colère! Il faut le faire après.

 

Et vous, qu'allez vous mettre en place? N'hésitez pas à mettre en commentaire vos succès mais aussi vos difficultés afin que j'adapte le plus possible mes outils à ce que j'appelle le "développement personnel concret"!


Bonus : changeons de point de vue

Comment mieux comprendre votre susceptible adoré(e) et réagir face à ses crises?

Petit en quart qui m'a été demandé entre temps par une personne qui n'est pas susceptible mais vit avec une personne qui l'est et souhaitait savoir comment réagir face aux énervements de celle-ci.

 

Si vous avez lu l'article ci-dessus, vous pouvez prendre conscience que les crises de votre susceptible ne sont pas dues à de la méchanceté à votre égard ou à la volonté de vous pourrir la vie, mais à une véritable souffrance que vous devez prendre en compte. Bien sûr, vous ne pouvez pas éviter sans arrêt de le blesser mais sachez repérer les mots ou les situations dans lesquels celui-ci s'énerve. Vous pourrez ainsi mieux agir en attendant que celui-ci soigne la cause de sa susceptibilité. 

 

1) -Évitez donc de le titiller dans les situations qui le stressent, même si vous trouvez qu'il exagère. Prenez en compte son point de vue tout simplement, même si vous avez du mal à le comprendre sur le moment. Et si vous vous retrouvez face à une crise, surtout, laissez le s'énerver sans vouloir l'arrêter (cela ne ferait qu'empirer sa colère). Quittez la pièce si besoin est, afin de lui donner le temps de se calmer car il est incapable à ce moment là d'avoir le recul nécessaire pour parler avec vous. Expliquez le lui avant de partir.

 

-S'il n'est pas encore trop en colère, vous pouvez désamorcer la dispute par le rire ou en changeant de sujet. Dites-lui : "stop, on arrête de parler de ça" et juste après avoir dit cela, n'arrêtez surtout pas de parler, ce qui permettrait à votre susceptible de ruminer de nouveau sa colère. Au contraire, parlez de complètement autre chose : de la pluie, du beau temps, du programme télé, de votre journée, d'une anecdote drôle... Aidez votre susceptible à passer à autre chose, et vous avec.

 

2) Et n'oubliez pas la deuxième étape, car la colère et le repli du susceptible sont un sos déguisé. C'est une manière inadaptée de vous dire "je souffre car tu ne m'as pas respecté." Il a donc besoin, une fois sa colère passée, et je dis bien une fois sa colère passée, que vous communiquiez avec lui en lui demandant ce qui l'a blessé. Écoutez-le en essayant d'adopter son point de vue (c'est important!) puis donnez lui votre version des faits avec la méthode de la communication non violente. Ainsi, votre susceptible pourra lui aussi apprendre à mieux vous comprendre et petit à petit, si chacun fait des efforts, vous arriverez à vous harmoniser.   


Bilan

Je suis très contente du bilan de cette semaine et à vrai dire, tellement satisfaite du premier outil que je n'ai pas pu tout eu besoin de tester les autres. En effet, la première étape de l'objectif, à savoir, inspirer profondément, compter jusqu'à dix puis passer à autre chose a si bien fonctionné sur moi que je n'ai pas eu besoin de sortir de la pièce ou de taper sur un oreiller! En règle générale, mon compagnon ne se rendait même pas compte que quelque chose m'avait rendu susceptible, cet exercice ayant comme éteint mon énervement avant qu'il ne prenne de l'ampleur. 

 

Le gros point positif, c'est que cette technique marche aussi pour la colère. Il m'est arrivé d'être en colère ou de m'énerver sans que cela soit lié à de la susceptibilité :  chez moi, ce sont surtout les objets qui peuvent me mettre hors de moi, surtout qu'en ce moment j'ai toujours mal au dos et au genou. Donc quand un $ù!)à=_èèt-mùm@@@!!! d'objet tombe par terre et m'oblige à me baisser, ce qui inévitablement me fait mal, cela m'énerve forcément. Avant, j'avais tendance à évacuer la colère en gueulant, je ne vois pas d'autres mots..., contre l'objet en question. Tant que j'étais célibataire, pas de problème. Mais maintenant que je suis en couple et que mon compagnon ne supporte pas le bruit ni les gens qui s'énervent "pour rien" selon lui, il devient délicat et parfois source de disputes d'évacuer ma colère en criant. Plusieurs fois j'ai donc réussi à laisser passer la colère en inspirant profondément et en comptant longuement jusqu'à dix. Je ne pensais pas que la colère passerai aussi facilement mais je l'ai constaté : au bout de dix secondes, on ne la ressent plus, et si on se concentre ensuite sur autre chose, c'est vite oublié. Et en plus, c'est super discret! Essayez, c'est vraiment troublant et ça marche aussi en voiture!

 

Après, c'est justement tellement discret qu'il ne faut pas attendre de l'autre qu'il vous dise "waouh, tu gères vachement bien ta susceptibilité en ce moment!". Souvent, j'étais super fière de moi d'avoir réussi à me calmer sans pour autant avoir la grosse tête bien sûr. Mais mon compagnon ne voyait pas mes efforts. Donc, même si vous voulez mettre en place ces outils pour votre moitié ou les gens qui vivent avec vous (famille, coloc'...), n'attendez pas des remerciements car votre nouvelle façon d'être, et bien, ils la trouvent normale...  Donc ne soyez pas dégoutés et dites vous que vous faites cela pour vous car, je peux en témoigner, on est quand même plus heureux quand on est serein. Quant à vous, félicitez vous vous même, c'est super important.

 

Ce qui est beaucoup plus drôle, c'est que comme vous serez moins énervés et gérerez mieux vos émotions, vous vous rendrez compte que votre entourage aussi est sujet à la colère et à la susceptibilité. C'est assez marrant de voir les autres avoir les défauts qu'ils vous reprochaient! Cela aide à relativiser. Ils ne se rendent pas compte que nous sommes plus indulgents envers leurs petites susceptibilité car nous savons ce que c'est et qu'il faut laisser l'autre tranquille le temps que la colère passe.  

 

Bref, pour conclure ce bilan, je suis très satisfaite du premier outil : il est efficace et donc rassurant. Je n'ai pas pu tester les autres mais je reviendrai mettre une petite note plus tard si je les expérimente. N'hésitez pas à mettre des commentaires si vous les avez testés. Et sinon, la seule remarque que j'ai pu avoir pour mes efforts, c'est "et bien, on voit que tu n'as plus tes règles, on est tranquille" On adore ce genre de remarque, surtout quand on fait des efforts! Le mois prochain, je mettrais en place ces outils lorsque j'aurai mes règles et on verra bien si j'aurai le dessus sur mes hormones! :-)


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Commentaires: 7
  • #1

    ariane-li (jeudi, 31 mars 2016 11:37)

    J'ai adoré cet article! Depuis que je te suis, je trouve que tu t'impliques de plus en plus et qu'en même temps tes articles collent aussi complètement à ce que je vis. Qui n'est pas susceptible après tout? J'ai testé ton petit truc : respirer un bon coup puis compter jusqu'à dix et j'ai été hyper surprise du résultat. Pour l'instant je n'ai même pas eu besoin d'utiliser les autres outils tant celui-ci fonctionne. Je trouve qu'il tue dans l'oeuf la colère. Merci à toi, j'ai hâte de voir ton bilan!

  • #2

    Elodie (auteur du blog) (jeudi, 31 mars 2016 11:45)

    Merci ariane-li d'être une commentatrice aussi fidèle ;) Je suis très contente que cette technique t'apporte des résultats. A bientôt pour le bilan!

  • #3

    Betty (vendredi, 01 avril 2016 09:17)

    Bonjour, merci pour cet article intéressant qui donne une vision plus compréhensive de la susceptibilité. Mon compagnon l'est et j'ai du mal à savoir comment me comporter avec lui parfois. Autant te dire que j'ai apprécié le petit bonus de l'article! Et c'est vrai qu'il est inutile de renchérir quand un susceptible s'énerve. Du coup hier, j'ai essayé tes outils : j'ai changé de pièce, le laissant s'énerver (et même me traiter de lâche... ) puis quelques heurs plus tard, j'ai parlé avec lui et j'ai vu que ça lui a fait du bien et j'ai pu mieux le comprendre. J'ai plus d'indulgence envers lui en fait. Depuis, il n'y a plus eu de crise. Je pense qu'il a été content que je m'intéresse à lui et que j'essaie de le comprendre. Au moins maintenant, je sais quoi faire et je suis moins désemparée. Je me rends aussi compte que ça n'a pas forcément de rapport avec moi.
    Voici ma petite expérience, j'espère qu'elle servira.

  • #4

    Elodie (auteur du blog) (samedi, 02 avril 2016 15:07)

    Merci beaucoup pour ce témoignage très intéressant, d'autant qu'il donne le point de vue extérieur à quelqu'un de susceptible. Ton retour est très précieux et il servira à d'autres, c'est sûr! Je commence à avoir un peu ce point de vue extérieur car, réussissant à être de moins en moins susceptible, je me rends compte que ceux qui m'entourent, dans une moindre mesure, le sont aussi... Je le développerais dans le bilan.

  • #5

    Isa (dimanche, 03 avril 2016 20:58)

    un article concret qui donne de bonnes réponses je trouve. Je vais tester cela de ce pas et j'essaierai de penser à faire un retour. Merci pour ton implication!

  • #6

    Alissafree (mercredi, 06 avril 2016 09:55)

    Encore un article qui va m'aider! Le bilan est très concluant et je vais moi aussi tester le fait de compter jusqu'à 10 fois. Je ne suis pas particulièrement susceptible mais j'ai tendance à me mettre en colère. Cela devrait donc m'être utile pour la canaliser. Je te dirais si ça a marché sur moi. A bientôt!

  • #7

    Elodie (auteur du blog) (mercredi, 06 avril 2016 12:01)

    Merci beaucoup pour ton commentaire! Nous attendons tous ton retour et j'espère qu'il sera aussi concluant pour toi que pour moi ;)